L’herbe qui tremble

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Paris

Neige suvi de Vivante étoile

1er juin 2016

Neige suvi de Vivante étoile

peintures de Marie Alloy
Te regarder m’apprend
la liberté.
Vivre et le poème
ont besoin d’elle.
Te regarder m’apprend.
Te regarder mourir
en silence.

L'autre nom du vent

1er mars 2014

L’autre nom du vent

Aux miroirs nous avons tourné le dos. La nuit a délivré l’espace où les oiseaux affluent, nous lui tiendrons parole en évitant qu’ils ne s’effraient : quel horizon sera notre hôte, quelle mémoire en prendra soin sur le sable lisse ou dans l’air farouche, en toute voix une autre voix le devine, qui progresse, qui porte un nom de vent.

Le Temps au crible

1er mars 2014

Le Temps au crible

Fie-toi aux mirages
qui t’indiquent la route,
romps le pain avec le vent.
Ce temps se situe toujours
à l’écart des horloges,
dans ces territoires
auxquels l’oubli
ne porte pas atteinte.
Fais face aux précipices,
aux torrents, aux tourmentes,
tu rejoindras ce pays
où s’absentent les ombres,
où s’enracinent les éclairs.

Un printemps difficile

1er mars 2014

Un printemps difficile

peintures de Marie Alloy
Le vent s’est éloigné
Le vent s’est éloigné. Peut-être est-il
sur la mer à présent.
Et l’arbre
dont la branche s’était perdue
renonce à ses tourments.
Au soir le merle
recommence à chanter et dit que l’univers
n’a forme ni frontières. On dirait que dans l’arbre
jamais la branche n’a manqué.

Sous la robe des saisons

1er novembre 2013

Sous la robe des saisons

Prix littéraire 2013 du Parlement
« On écrit sans songer à personne. On écrit en ignorant pour qui. Ce « pour  » est pourtant bien présent  : à l’instant où les mots s’abandonnent sous la main, dans la bouche, le souffle de la langue frémit dans l’air à la recherche d’une oreille attentive, d’un visage, d’une joue à caresser, d’une solitude à partager.
Paradoxe que Jean Grenier a relevé dans son Nouveau lexique  : «  On n’écrit pas librement tant qu’on pense à ceux qui vous liront, on n’écrit pas bien tant (…)

La langue des signes

1er avril 2013

La langue des signes

J’ai soif, si soif !
Les façades restent dans l’ombre.
A peine
si le ciel s’éclaire.
Un beau matin notre absence
égalera la tienne.
Dans les flaques parfois l’image
se forme : rien
n’apparaît.
On irait ce matin que tout est vrai : avec ça
vivre. Image
de la pluie qui vient du ciel.
Dont ils rêvaient."

Un chaos praticable

1er juin 2011

Un chaos praticable

"Passant sur le Causse donne-toi au chemin qui poursuit sa course entre les pierres. Donne-toi à la terre jusqu’au bout du sentier disparaissant. Jusqu’au bout du soleil pendu au cou des maisons basses qui ont vécu de leurs ruines. Donne-toi à ce qui t’emporte et te fait vivre alors que le pays se détruit en lui-même et retourne au néant. L’éboulis, la ravine, n’ont de salut qu’en ton approche. Qu’en ton (…)

Un automne au creux des bras

1er mars 2009

Un automne au creux des bras

"Quand tout poème semble vain, continuer d’écrire malgré tout. Des poèmes ou des notes, peu importe, mais des fragments de jours arrachés à la prose d’un feu dont nous goûtons la chaleur sans toujours percevoir sa lumière".

Poème
de l’instant

Arthur Rimbaud

Lettre à sa mère

Inutile de se noircir les idées tant qu’on existe.

Arthur Rimbaud, Lettre à sa mère, Aden, le 15 avril 1882.