L’insurrection poétique

Auteurs : Jean-Pierre Siméon, Charles Juliet, Walt Whitman, Tahar Ben Jelloun, Michel Baglin, Jean Joubert, Yvon Le Men, Serge Pey, Alain Boudet, Jean Malrieu, Jack Hirschman, Nimrod, Eugène Guillevic, Maram Al-Masri, Nicole Brossard, Patricia Cottron-Daubigné, Sapho, Gisèle Sans, Yannis Ritsos, Lawrence Ferlinghetti, Habiba Djahnine, Laurence Bouvet

<i>L'insurrection poétique</i>

"L’insurrection poétique… L’anthologie que nous publions pour la 17ème édition du Printemps des Poètes se veut un manifeste : « manifeste pour vivre ici », selon l’expression d’Éluard, manifeste en faveur d’une vie intense et insoumise, celle que réclament les poètes, ces voleurs de feu. Vingt-deux sections incisives, dont les titres se présentent comme des affiches, composent ce livre. Parmi elles : Au croc la phynance, Avant j’avais un métier, Cap espérance, Contre la bête immonde, Contre les fous de dieu, Dénoncer l’apartheid, Dis ce que voudras, Homos je vous aime, La haine je la jette. Sans oublier : Liberté, j’écris ton nom et Sexisme, injustice ! Une insurrection permanente de la conscience contre tout ce qui simplifie, limite et décourage. Le cri de quatre-vingt-dix poètes.
90 poètes parmi lesquels : Maram al-Masri, Apollinaire, Michel Baglin, Tahar Ben Jelloun, Alain Boudet, Laurence Bouvet, Breyten Breytenbach, Nicole Brossard, David Cheramie, Marianne Cohn, Patricia Cottron-Daubigné, Habiba Djahnine, Lawrence Ferlinghetti, Guillevic, Nâzim Hikmet, Jack Hirschman, Max Jacob, Victor Jara, Jean Joubert, Charles Juliet, Ingrid Jonker, Yvon Le Men, Jean Malrieu, Nimrod, Serge Pey, Armand Robin, Gisèle Sans, Fabio Scotto, Rimbaud, Yannis Ritsos, Sapho, Jean-Pierre Siméon, Verlaine, Walt Whitman, Müesser Yeniay."

Anthologie établie par Christian Poslaniec.

Paru le 1er janvier 2015

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.