L’invention du passé

Auteur : Werner Lambersy

Que l’on parcoure cette édition ou la récente anthologie L’éternité est un battement de cils, parue il y a peu chez Actes Sud, force est de constater que Werner Lambersy est un homme fidèle dont les convictions n’ont guère changé avec le temps, ainsi peut-il invoquer ouvertement une "invention" du passé.
Le poème a toujours été pour lui une chose "respiranteé, un acte de vie ou une manière de vivre "vrai".
Le poème, écrira-t-il encore, n’a qu’une seule qualité : "c’est d’être un miroir impitoyable… Il n’éclaire, n’éclaircit rien, ne donne ni ne prend, n’explique pas mais constate. Il épaissit le mystère du monde et l’énigme des émotions…"
Que peut-on espérer de plus pour le lecteur d’aujourd’hui si ce n’est de pénétrer un peu dans ce "cercle inquiet", d’y apprendre le dur métier de regarder ou d’écouter ?

Paru le 1er février 2006

Éditeur : Le Taillis pré

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.