L’invention du passé

Auteur : Werner Lambersy

Que l’on parcoure cette édition ou la récente anthologie L’éternité est un battement de cils, parue il y a peu chez Actes Sud, force est de constater que Werner Lambersy est un homme fidèle dont les convictions n’ont guère changé avec le temps, ainsi peut-il invoquer ouvertement une "invention" du passé.
Le poème a toujours été pour lui une chose "respiranteé, un acte de vie ou une manière de vivre "vrai".
Le poème, écrira-t-il encore, n’a qu’une seule qualité : "c’est d’être un miroir impitoyable… Il n’éclaire, n’éclaircit rien, ne donne ni ne prend, n’explique pas mais constate. Il épaissit le mystère du monde et l’énigme des émotions…"
Que peut-on espérer de plus pour le lecteur d’aujourd’hui si ce n’est de pénétrer un peu dans ce "cercle inquiet", d’y apprendre le dur métier de regarder ou d’écouter ?

Paru le 1er février 2006

Éditeur : Le Taillis pré

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.