L’invention du passé

Auteur : Werner Lambersy

Que l’on parcoure cette édition ou la récente anthologie L’éternité est un battement de cils, parue il y a peu chez Actes Sud, force est de constater que Werner Lambersy est un homme fidèle dont les convictions n’ont guère changé avec le temps, ainsi peut-il invoquer ouvertement une "invention" du passé.
Le poème a toujours été pour lui une chose "respiranteé, un acte de vie ou une manière de vivre "vrai".
Le poème, écrira-t-il encore, n’a qu’une seule qualité : "c’est d’être un miroir impitoyable… Il n’éclaire, n’éclaircit rien, ne donne ni ne prend, n’explique pas mais constate. Il épaissit le mystère du monde et l’énigme des émotions…"
Que peut-on espérer de plus pour le lecteur d’aujourd’hui si ce n’est de pénétrer un peu dans ce "cercle inquiet", d’y apprendre le dur métier de regarder ou d’écouter ?

Paru le 1er février 2006

Éditeur : Le Taillis pré

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.