L’ivresse des rimes

Auteur : Laurent Bourdelas

L'ivresse des rimes

Dans cet essai très agréable à lire, l’auteur étudie les rapports entre certains poètes français du XIXe siècle et du début du xxe et le vin ou l’alcool, soit qu’ils en consomment (ce qui est pratiquement toujours le cas) avec plus ou moins de retenue, soit qu’ils s’en inspirent dans certains de leurs textes – que le breuvage soit réel ou métaphorique –, soit même qu’ils en produisent, comme les poètes vignerons Lamartine et Vigny.
Au fil de pages fourmillant d’anecdotes, on découvre des portraits d’auteurs majeurs ou moins connus, le verre à la main : les romantiques (Musset, Gautier, Hugo, Lamartine, Vigny…), les poètes maudits (Nerval, Baudelaire, Villiers de l’Isle-Adam, Mallarmé, Corbière, Lautréamont, Rimbaud…), des personnalités atypiques comme Gaston Couté, Jules Laforgue ou Francis Jammes, et pour finir ceux des « nouveaux temps » issus de la Première Guerre mondiale : Apollinaire ou Cendrars.
Le livre est aussi l’occasion de brosser un tableau de Paris, capitale culturelle, littéraire et poétique, à travers ses estaminets et ses cabarets, comme le célèbre Chat noir.

Paru le 1er novembre 2011

Éditeur : Stock

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.