L’ombre que les loups emportent de Christophe Dauphin

L'ombre que les loups emportent de Christophe Dauphin

Préface de Jean Breton

Les nuages balaient le ciel

La lune a mis ses bretelles sur l’idée de beauté
Un train déraille dans la bouteille de la nuit

Il est temps de décapiter la pluie
D’égorger l’orage
Il est temps de serrer les poings
De mettre en joue le réel
De mêler notre plumage à la courbure des mondes
Le peloton des journées remplit mes reins de colère

La neige bâtit des murs qui étouffent tous les cris
La neige désaltère les chiens de l’ombre

Un homme seul est une collectivité à rêver
Dont la voix est un couteau

L’amour est à réinventer
L’amour est la loi qui fonde la révolte qui te ressemble."

Paru le 1er octobre 2012

Éditeur : Les Hommes sans Epaules éditions

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Jean-Louis Rambour

33 poèmes en forme de nouvelles (ou l’inverse)

Il arrive fréquemment que les hommes aient peur des chevaux. Certains jouent les indifférents, d’autres ne cachent pas leur inquiétude. Pégase, le cheval divin, avait des ailes d’ange à faire peur. Incitatus avait une écurie de marbre, une mangeoire en ivoire, à faire peur. Sur la tombe de son cheval, Alexandre fonda la ville de Bucéphalie et provoqua peur et questionnement. Mais là, là, dans ce champ jaune, il s’agit de retourner les terres les plus empierrées, car tout le monde ne possède pas encore son Massey Ferguson. Auquel on ne prête ni ailes ni ombres.

Jean-Louis Rambour, 33 poèmes en forme de nouvelles (ou l’inverse), Cahiers du Loup bleu, Les Lieux-Dits, 2020.