LE QUATRIEME SIÈCLE

PRÉFACE CHRISTIANE TAUBIRA ET MATHIEU GLISSANT

LE QUATRIEME SIÈCLE
« … Alors ! Tu espères qu’un registre, un de ces gros cahiers qu’ils ouvrent à la mairie sous ton nez pour t’impressionner, peut te dire pourquoi un Béluse suivait ainsi un Longoué, ou pourquoi Louise avait obéi au geste, elle qui se considérait déjà une parente de La Roche, ou encore comment il se fait que toutes ces langues africaines sont parties de leur cervelle comme un vol de grosbecs ? Ouvre tes registres, bon, tu épelles les dates ; mais moi tout ce que je sais lire c’est le soleil qui descend en grand vent sur ma tête […]. Car le passé est en haut bien groupé sur lui-même, et si loin ; mais tu le provoques, il démarre comme un troupeau de taureaux, bientôt il tombe sur ta tête plus vite qu’un cayali touché à l’arbalète… »

Paru le 18 novembre 2021

Éditeur : Gallimard

Poème
de l’instant

La colline que nous gravissons

Mais soudain, l’aube nous appartient.
Sans savoir à quoi cela tient, nous agissons.
Sans savoir à quoi cela tient, nous avons
tenu bon,
Témoins d’une nation non pas brisée,
mais simplement inachevée.

Amanda Gorman, La colline que nous gravissons , Traduit de l’anglais (États-Unis) par Lous and the Yakuza, Éditions Fayard, 2021.