LE QUATRIEME SIÈCLE

PRÉFACE CHRISTIANE TAUBIRA ET MATHIEU GLISSANT

LE QUATRIEME SIÈCLE
« … Alors ! Tu espères qu’un registre, un de ces gros cahiers qu’ils ouvrent à la mairie sous ton nez pour t’impressionner, peut te dire pourquoi un Béluse suivait ainsi un Longoué, ou pourquoi Louise avait obéi au geste, elle qui se considérait déjà une parente de La Roche, ou encore comment il se fait que toutes ces langues africaines sont parties de leur cervelle comme un vol de grosbecs ? Ouvre tes registres, bon, tu épelles les dates ; mais moi tout ce que je sais lire c’est le soleil qui descend en grand vent sur ma tête […]. Car le passé est en haut bien groupé sur lui-même, et si loin ; mais tu le provoques, il démarre comme un troupeau de taureaux, bientôt il tombe sur ta tête plus vite qu’un cayali touché à l’arbalète… »

Paru le 18 novembre 2021

Éditeur : Gallimard

Poème
de l’instant

Serge Sautreau

Rivière je vous prie

Loin, un instant, des rives, souvenons-nous, riverains des cours de porcelaine, souvenons-nous des loges de verre, entre flammes et idoles, où se pâmaient le mythe, la révolte, les tyrannies de la fin…

Loin, à l’instant, loin du poumon fertile, c’est l’origine qui appelle avec de longs herbiers ondulant sous la nacre, laissant apercevoir des sables habités, des galaxie solubles, des à-pics de massifs coulés s’engloutissant dans le vert sombre.

Pour invoquer. Pour éveiller le dieu. Pour ne jurer de rien. Pour accueillir. Rivière.

Serge Sautreau, Rivière je vous prie, Éditions l’Atelier le Ciel sur la Terre, 1997