La Beauté

Éphéméride poétique pour chanter la vie

La Beauté

Janvier et notre émerveillement devant ce qui naît, février et ses carnavals grimaçants, mars et le combat pour sauver le monde… En 2019, c’est sous la forme d’une éphéméride que se décline l’anthologie du 21ème Printemps des Poètes. Beauté du geste, beauté du diable, chant de celui qui va mourir à l’aube, tyrannie du beau : le livre que nous proposons libère une foule d’insurgés et de rêveurs, d’oiseaux bâtisseurs et d’oiseaux migrateurs, de dissidents et de troubadours sur les grèves harassées des temps modernes. 105 pour être précis, dont la moitié sont des femmes. 105 qui explosent les frontières géographiques et générationnelles. Des jeunes, des étrangers, tous ceux qui incarnent la relève d’une poésie qui n’a nul besoin de se refaire une beauté…
Parmi lesquels : Apollinaire, Adeline Baldacchino, Jeanne Benameur, Patrick Chamoiseau, Andrée Chedid, François Cheng, Moon Chung-hee, Louis‑Philippe Dalembert, René Depestre, Ananda Devi, Roger Dextre, Hélène Dorion, Lili Frikh, Hermann Hesse, Lénore Kandel, Hala Mohammad, Bernard Noël, Paola Pigani, Isabelle Pinçon, Rimbaud, Sapho, Jean‑Pierre Siméon, André Velter…

Texte de l’éditeur.

Extrait :

La beauté invisible du monde
Attend en chancelant

Briser l’oracle tel un pavot rebelle
Enfermer la beauté dans la beauté
Attendre le printemps
Un seul battement de cils et mille papillons
Trouver les mots qui réconfortent
Et ne vouloir jamais mourir

Acrostiche réalisé à partir de fragments de poèmes de : Hélène Cadou, Breyten Breytenbach, Laurence Verrey, Christian Viguié, Dahlia Ravikovitch, François Cheng, Fabienne Swiatly, Frédéric Jacques Temple.

Paru le 7 février 2019

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.