La Bibliothèque Parlante - 25 & 26 mai - Jardin-Forêt


Comme en 2018, où l’étonnant Jardin Forêt de la BnF fut exceptionnellement offert à la poésie, La Bibliothèque Parlante & le Printemps des Poètes récidivent les 25 et 26 mai prochains.
Quatre auteurs, poètes ou passionnés de poésie, proposeront au public du festival une rencontre atypique, intime et éphémère.
Après François Cheng, Albane Gellé, Pascale Bouhénic et Jacques Darras, précurseurs la saison dernière, venez écouter Adonis, qui lira en arabe certains de ses poèmes et dira en français le pouvoir des mots « entre ruines et enfance, éloignement et sang, amour et légendes ». Anna Gavalda, qui a connu son tout premier succès sur un alexandrin involontaire Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, et qui ne cesse dans son œuvre au Dilettante de semer de la poésie en contrebande, dévoilera ses « vers de survie ». Frédéric Boyer, le traducteur de Shakespeare et de la CChanson de Roland, mais aussi le poète de Mes amis mes amis et de Peut-être pas immortelle dédié à Anne Dufourmantelle, partagera son attachement à la langue : « un poème c’est plein de mauvais rêves et d’accidents ». Quant à Valentine Goby, qui a donné à entendre la voix de Charlotte Delbo, rescapée d’Auschwitz-Birkenau, elle dira cette force de la langue qui mène ce récit en partage intitulé Je me promets d’éclatantes revanches.

Sophie Nauleau

Samedi 25 mai - Adonis (15 heures) & Anna Gavalda (17 heures)

Dimanche 26 mai - Frédéric Boyer (15 heures) & Valentine Goby (17 heures)



Informations pratiques

Bibliothèque nationale de France - Quai François Mauriac, 75706 Paris
La Bibliothèque Parlante - 25 & 26 mai 2019
Lectures dans le Jardin-Forêt - Gratuites et uniquement sur réservation au 01 53 79 49 49 ou sur visites@bnf.fr

Pour retrouver le programme complet du festival, cliquez ici.

Crédits photographiques : Adonis : DR ; Anna Gavalda : M.Heinry ; Frédéric Boyer : Hélène Bamberger ; Valentine Goby : Renaud Monfourny

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.