La Bibliothèque parlante 2018

Samedi 26 et dimanche 27 mai quatre poètes invités par le Printemps des Poètes ont investi le « Jardin-Forêt » du site François-Mitterrand, un lieu d’ordinaire interdit aux humains. Quatre temps de lecture, durant lesquels chaque poète a offert, à sa guise et à voix haute, un florilège des poèmes qui l’animent. Un bon plaisir poétique au cœur d’une forêt préservée : faune et flore ont accueilli les poètes et le public le temps d’un moment éphémère.
En compagnie d’Albane Gellé, Jacques Darras, Pascale Bouhenic et Jacques Darras.



Qui se souvient advient, extrait de la lecture de François Cheng © Le Printemps des Poètes - Kolam Production - 2018


« La Bibliothèque parlante » est une invitation à parcourir la bibliothèque et à venir « entendre » ses collections. Assistez à des lectures, certaines musicales, dans les auditoriums, à des performances, écoutez des archives sonores, déambulez dans la bibliothèque et participez à des expériences surprenantes autour de l’écrit et de la voix.

Sandrine Bonnaire, Béatrice Dalle, Virginie Despentes, Anna Mouglalis, Arthur H., Anouk Grinberg, Éric Ruf, Astrid Bas, Denis Lavant, Mathieu Amalric, Erik Truffaz, Jean-Claude Ameisen, la troupe de la Comédie-Française, Jonathan Pontier et sa sphère OMNI, Arlette Desmots et sa lecture dans le noir… seront cette année de l’aventure pour faire entendre les voix de Georges Simenon, Georg Lukács, Marguerite Duras, Robert Musil, Antonin Potoski, Jules Verne…dont les textes, imprimés, manuscrits, inédits, sont tous conservés à la BnF. Deux journées festives dans une bibliothèque !

© Contextes/BnF

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Est-ce pour maintenant ou pour toujours
Que le monde est pendu à une tige ?
Est-ce pour un rendez-vous ou par ruse,
Ces bois trouvés pour aller faire un tour ?

Est-ce miracle ou mirage
Si vers les miennes se lèvent tes lèvres ?
Et les soleils, comme des balles de jongleurs,
Sont-ils une feinte ou un gage ?

Darde tes feux, mon ange surprenant,
Faisant front de tes seins à la peur coupe court,
Te prenant maintenant, je te prends pour toujours,
Car le toujours est toujours cet instant.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.