La Crypte

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Crypte de hagetmau
avenue Corisande

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Hagetmau

Attractions terrestres de François Graveline

1er juin 2014

Attractions terrestres de François Graveline

Comme toi le soleil avance
Il monte à mi-ciel
te fait face
te force à baisser la tête
à regarder par terre
où tu es où tu restes
à voir tes pieds s’enfoncer
tes jambes manquer d’aplomb
ton corps peiner
et chercher passage
seul
sur le sable

Sorgue de Maël Guesdon

1er juin 2014

Sorgue de Maël Guesdon

Prix de la crypte Jean Lalaude 2013
il n’y avait pas vraiment
de couleurs frappantes
près de là
c’était un bonheur de savoir
que trouve musique il y avait
où j’habite tu sais
où je flirte et fléchis

Au pied de mon arbre, de Christian Marsan

1er mars 2013

Au pied de mon arbre, de Christian Marsan

Quand l’encre et la sève se mêlent, quel doux breuvage !
Cet élixir enivrant nous transporte au coeur de la forêt landaise. On se retrouve assis sur une souche bienveillante : l’essence du pin taquine nos narines, le vent soupire et s’engouffre dans nos mèches folles, l’arbre gigantesque offre son sang et l’homme, reconnaissant, s’incline.
Mais quel est donc le secret de Christian et Frédéric, ces deux poètes des bois, alchimistes et généreux ?
Dominique (…)

La saison des pluies, de Khaled Ezzedine

1er mars 2013

La saison des pluies, de Khaled Ezzedine

Ce qui fait chez Khaled Ezzedine la beauté si simple du poème : pour ce qui est et ce qui fuit, pour le vieillard et pour l’enfant, avec son désespoir, si rare, oui : la tendresse.
toi cependant
et ta faible voix
d’hirondelle effrayée
comme un soleil qui éclaire
l’encre, la page et la chaise

Comme une ironie d’Aurélie Fournier

1er février 2007

Comme une ironie d’Aurélie Fournier

Prix de la Crypte 2006
"Le bruit de l’homme
leur rappellera
ce qu’elles ne peuvent oublier"

Le ciel où je tombe de Christian Marsan

1er septembre 2006

Le ciel où je tombe de Christian Marsan

"Plus loin que le visible
je veux dire,
aucun souffle n’y porte
pas de voix qui se plaint
plus visible même que le visible -
dans les brèches du jour
aux racines du temps
invisible
qui dit viens il est temps
dans les pages du livre au passage
du vent si léger et si lourd
qui dit dieu ! et pourtant

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.