La Cueillette des mûres de Miriam Van hee

Miriam Van hee est l’une des voix les plus subtiles de la nouvelle poésie néerlandaise. Ses poèmes s’éloignent autant des recherches expérimentales que des tendances actuelles d’une certaine poésie prosaïque. Son lyrisme est discret, mais son désir de réconciliation avec la vie dans ses flux et ses reflux lui confère une démarche dont la simplicité et l’efficacité ne cessent d’émouvoir. Dans le recueil La Cueillette des mûres, Miriam Van hee nous parle de voyages, d’animaux, d’art et d’amour, toujours sur le mode de la circonspection qui lui est propre. La certitude que tout se transforme et passe s’y révèle comme une source de chagrin, mais aussi comme une occasion de découvrir que tout chagrin est vain et qu’il nous faut apprendre à vivre dans l’éphémère.

Miriam VAN HEE (née à Gand en 1952) est traductrice (notamment de Ossip Mandelstam et d’Anna Akhmatova) et enseigne la littérature russe. Son recueil Achter de bergen (Derrière les monts) a obtenu en 1999 le Prix triennal de littérature de la Communauté flamande. De larges extraits de Het verband tussen de dagen, qui regroupe ses poèmes écrits entre 1978 et 1996, sont parus au Castor Astral en 2000 sous le titre Le Lien entre les jours et lui ont valu d’être désignée par le Magazine Littéraire comme « la révélation poétique de ces dernières années ».

Paru le 1er novembre 2006

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.