La Dame d’Onze Heures

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Vocation de l’esquisse

1er septembre 2011

Vocation de l’esquisse

Encres d’Isabelle Raviolo
"Horizon, fontanelles…
à l’improviste, entre ces mots qu’y a-t-il de commun et leur ordre est-il juste ?
fontanelles, horizon, pourquoi attendre
ou le matin ou le rivage ?
que se déploie l’oreille,
tu n’auras un cors que s’ils retentissent…"

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

Votre œil se fixe sur un arbre harmonieux courbé par le vent ; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d’un poëte qu’une comparaison fort naturelle deviendra dans le vôtre une réalité. Vous prêtez d’abord à l’arbre vos passions, votre désir ou votre mélancolie ; ses gémissements et ses oscillations deviennent les vôtres, et bientôt vous êtes l’arbre. De même, l’oiseau qui plane au fond de l’azur représente d’abord l’immortelle envie de planer au-dessus des choses humaines ; mais déjà vous êtes l’oiseau lui-même.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, « Le Théâtre de Séraphin », 1868.