La Différence

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30 RUE RAMPONEAU

75020

Paris

<i>La scène primitive</i>

1er septembre 2006

La scène primitive

"Blessure de se souvenir et croire
Avoir pressenti seulement aperçu
Par presque obscurité vénéneuse ce que
L’on n’a pas vu spontanément refusé
De voir et de comprendre une secousse
Sismique du secret charnel l’inconnu
De père et mère révélé soudain par leur corps
Dénudés et nageant enlacés dans leur vague
Scansion du râle le sursaut et l’effroi (…)"

Hoola Hoops - poèmes 1996-2004

1er septembre 2006

Hoola Hoops - poèmes 1996-2004

Bas de soie mouillée de Talleyrand
Étoiles de mer s’endormant
Dans les bras de ma fille
Une Juliet du comté du Cheshire
Le vent dans le verger
Reprend timidement son chemin
Matthieu dernier poète à écrire
La poésie sainte
Inutile de regarder
Il fait trop noir
Les aérolites de confiture
Continuent de la sorte
L’un d’eux s’étonne :
« Qui sont ceux-là ? »
(en désignant les wagons du train)
Pétales peints à leur (…)

Les Paludiques de Mourad Djebel

1er septembre 2006

Les Paludiques de Mourad Djebel

"ÉTÉ
C’est comment suspendre
Son souffle
Apnée intégrale
L’obliger à l’impuissante
Observance
À tout en forcir
C’est comment ajourer
La mémoire
Ajointant les rives de la plaie
Rustine, peau en lambeaux et cautère
À en gonfler les voiles, partir (…)"
Né en Algérie en 1967, Mourad Djebel y fait des études d’architecture. Il quitte le pays natal en 1994 pour s’installer en Afrique de l’Ouest avant de venir à Paris où il réside (…)

Les Jours suivi de Ici et là de Serge Delaive

1er septembre 2006

Les Jours suivi de Ici et là de Serge Delaive

"LANCE-PIERRE
Au bout de quelque temps
j’en ai eu plus qu’assez
en fait j’en avais plein le dos
que le temps me lie à ma chaise cette chaise
que je maudissais
J’avais bu jusqu’à la lie
la soupe amère des jours sans but
J’avais avalé sans goût
les toujours mêmes fricassées
les petits oignons le cru bourgeois
J’ai claqué la porte
le bruit a dévalé la pente
j’ai couru pour le rattraper
Rien dans les poches
Rien dans la tête
Du haut de la colline
juste avant de m’élancer
j’ai pris la (…)

Sous l’arche du temps

1er novembre 2005

Sous l’arche du temps

Chemin de réflexions, Sous l’arche du temps son de l’expérience de l’écriture, interroge la présence de la création artistique dans la société actuelle, la place laissée à l’être, à l’imaginaire et à l’inconnu, le rôle que joue et pourrait jouer la poésie, croise Rilke, Galilée, Giordano Bruno, s’arrête sur des événements marquants de l’histoire humaine, touche un horizon puis retourne en arrière pour mieux voir ce qui reste (…)

Ravir les lieux

16 septembre 2005

Ravir les lieux

D’ici bouge la lumière. Regarde
le vide lourd sur l’épaule
éparpillé parmi les fenêtres.
Cherche ce que tu appelles, l’impossible
mosaïque silencieuse du voyage
et la lampe qu’on dirait brûlée
par le temps. Regarde seulement la pièce
où résonne ta vie. L’ombre jamais vue
visible maintenant, dans les yeux du soir.
Hélène Dorion a reçu le prix Mallarmé 2005 pour cet ouvrage.

<i>Écris la vie</i>

1er septembre 2005

Écris la vie

"Ce bout de route
devant moi
plus proche de la nuit
la vraie
la véridique
l’incontournable
Je ralentis le pas
Je fais semblant
d’admirer le paysage
Ruse de vivant"

Oeuvres complètes de Friedrich Hölderlin

1er septembre 2005

Oeuvres complètes de Friedrich Hölderlin

Texte établi par Michaël Knaupp, traduit de l’allemand par François Garrigue.
Traduire l’ensemble de l’œuvre poétique d’un poète comme Hölderlin relève de l’engagement d’une vie. Il faut saluer ici l’entreprise de François Garrigue qui s’est attelé à une tâche aussi difficile et n’a pas renoncé devant les obstacles de toute nature. Il nous offre la possibilité de lire en français, en regard du texte allemand de l’édition de Michaël Knaupp, un des sommets de la poésie de tous les temps. Ce que le lecteur trouvera (…)

Poésie 1944-2004 de Philippe Jones

1er juin 2005

Poésie 1944-2004 de Philippe Jones

« Philippe Jones est un des poètes belges les plus remarquables d’aujourd’hui : cet académicien (sous le sigle de Mallarmé notamment) navigue loin des eaux mortes de l’académisme. Son écriture, économe et surveillée, est d’une originalité on ne peut plus moderne dans la frappe et la tension du vers. Il s’attaque à de vrais problèmes et à de faux miroirs lorsqu’il combine les éléments, ceux de la nature, avec ce que j’appellerai les “alimots”. Je veux dire par là que le sens des choses s’accorde avec le sens (…)

<i>Corps à réinventer</i>

1er juin 2005

Corps à réinventer

Qu’est-ce que le corps, sinon le rendez-vous de toute une vie, à commencer par la naissance ? De cette enveloppe chamelle, comment sortir ? Le poète, lui, prend la tangente ou la cavale. Faute d’inventer son propre corps, il tente de le réinventer dans toutes ses ramifications, physiologiques, familiales, imaginaires, etc. Il est en recherche de paternité, ce qui le conduit à procéder par le truchement de la fiction, à des inventaires, où le sens de la dérision, l’humour, parfois l’humour macabre, (…)

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.