La Guillotine

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Montreuil

Chemin terrestre de Karl Ristikivi

1er janvier 2002

Chemin terrestre de Karl Ristikivi

Traduit de l’estonien par Tahar Montbélialtz.
Préface de Mathieu Bénezet
"Envie de rentrer - envie de s’aventurer,
séparé en deux branches l’arbre pousse,
chercheur d’ombrage - chercheur des vents d’orage
à la lisière de la mer et d’une forêt.
Peur de naître - peur de disparaître,
la trame de la vie ficelée à ses deux extrémités.
Existence - non-existence,
l’une d’elles est sommeil, rêve,
l’autre, sans pareille, (…)

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage