La Mâle-mort entre les dents

Auteur : Fabienne Juhel

La Mâle-mort entre les dents

Novembre 1870, Conlie. Un jeune homme malingre, affublé d’un uniforme trop grand pour lui, se fait passer pour un soldat et pénètre dans le camp où l’armée de Bretagne et ses milliers de soldats croupissent dans la faim, le froid et les maladies. Tristan Corbière ne vient pas se battre, il vient pour dénoncer, avec sa plume de poète, la plus monstrueuse trahison qui soit. Dans une langue aussi chatoyante et piquante que celle de Corbière, Fabienne Juhel nous invite à la découverte captivante d’une page honteuse et méconnue de l’histoire de France.

Pour l’instant, il te faut étudier le terrain, parler avec les soldats. Collecter leurs paroles, leurs mots, surtout ne pas les trahir – la trahison, les hommes n’en peuvent plus ! Tu voudrais, toi, le poète, que l’on sente la vermine grouiller entre les syllabes. Que l’on voie l’ergot de mort fleurir dans les bouches, la mâle-mort entre les dents. Tu voudrais des mots qu’ont de la gueule. Mots crus, vécus, poussés vent debout. Paroles de soldats dans leur trou de boue. Paroles d’indigènes bretons. Borborygmes de soudards d’une République qui ne leur fait pas confiance.

Paru le 6 janvier 2020

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Prose

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Évariste de Parny

Poésies érotiques

Enfin, ma chère Éléonore,
Tu l’as connu ce péché si charmant
Que tu craignois, même en le désirant ;
En le goûtant, tu le craignois encore.
Eh bien, dis-moi ; qu’a-t-il donc d’effrayant ?
Que laisse-t-il après lui dans ton âme ?
Un léger trouble, un tendre souvenir,
L’étonnement de sa nouvelle flamme,
Un doux regret, et surtout un désir…
… Moments délicieux, où nos baisers de flamme,
Mollement égarés, se cherchent pour s’unir !
Où de douces fureurs s’emparant de notre âme,
Laissent un libre cours au bizarre désir !

Évariste de Parny, Poésies érotiques, 1778.