La Musaraigne

La Musaraigne est une jeune maison d’édition qui est apparue au printemps 2003. Son but est de privilégier l’écriture contemporaine sans exclusive, avec pour seul critère la qualité. Les ouvrages sont sélectionnés sur leurs qualités littéraires et poétiques et non marchandes, et nous publions uniquement à compte d’éditeur. Notre originalité, hélas, est que nous n’avons aucune envie de courir après ce qui se vend absolument. Si cela vient, nous en serons ravis, mais nous ne ferons aucune concession pour cela. La Musaraigne ne cherche pas à dénicher la poule aux œufs d’or, mais l’oiseau rare…

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Paris

Dans l'éclat des feuilles vives d'Emmanuelle Favier

1er décembre 2005

Dans l’éclat des feuilles vives d’Emmanuelle Favier

"…Le matin elle court sur les pierres en rugissant, à midi elle dévore les feuilles de palme marbrées qui couvrent sa demeure, le soir elle tue les étoiles en jetant de pleines poignées de cailloux, vêtue d’une longue robe dont les plis traînent sur le ciment gluant de chaleur.
L’été, elle assèche sa soif aux nèbles voraces
Ou vogue, furieuse, dans l’oeil des marais salants.
Elle est un ciel d’orage.
Elle est un golfe où l’on peut boire à longues gorgées silencieuses.
Elle est une traînée de poudre (…)

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage