La Poésie au Quotidien

Auteur : Jean-Pierre Siméon

La Poésie au Quotidien

Au quotidien : peut-on mieux dire pour formuler le principe fondateur d’une pédagogie novatrice et pleinement assumée de la poésie à l’école ? Qu’est-ce que la poésie ? Quelle place le langage poétique peut-il tenir dans la didactique du français ?
Comment mettre en voix, mettre en scène la poésie ? De quelle façon inviter à l’écriture poétique ? Comment engager des projets autour de la poésie ? La poésie au quotidien est une entrée privilégiée pour partager et découvrir la langue, pour cultiver l’intelligence sensible et faire en sorte qu’elle ne soit pas un ornement mais un instrument de savoirs.

Coordonné par Jean-Pierre Siméon, cet ouvrage collectif expose les grands enjeux d’une pratique pédagogique au quotidien de la poésie. Il propose aussi de nombreuses activités de classe pour inviter les professeurs des écoles maternelles et élémentaires à entrer en poésie… Conçu en partenariat avec Le Printemps des Poètes et son label « École en Poésie », il présente enfin des expériences variées de projets poésie.
Une ressource incontournable pour placer la poésie au coeur de la connaissance et de l’école.

Paru le 1er février 2014

Éditeur : Canopé

Genres de la parution : Essai Anthologie

Poème
de l’instant

Lettres à Sophie Volland

10 juillet 1759,

J’écris sans voir. Je suis venu ; je voulais vous baiser la main et m’en retourner. Je m’en retournerai sans cette récompense ; mais ne serai-je pas assez récompensé si je vous ai montré combien je vous aime ? Il est neuf heures, je vous écris que je vous aime. Je veux du moins vous l’écrire ; mais je ne sais si la plume se prête à mon désir. Ne viendrez-vous point pour que je vous le dise et que je m’enfuie ?

Adieu, ma Sophie, bonsoir ; votre cœur ne vous dit donc pas que je suis ici ? Voilà la première fois que j’écris dans les ténèbres : cette situation devrait m’inspirer des choses bien tendres. Je n’en éprouve qu’une : je ne saurais sortir d’ici. L’espoir de vous voir un moment m’y retient, et j’y continue de vous parler, sans savoir si j’y forme des caractères. Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime.

Denis Diderot, Lettres à Sophie Volland.