La Porte

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Poésie, art et littérature sous forme de plaquette.

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Yves Perrine
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Laon

Les abeilles ne chantent pas la nuit

1er mai 2017

Les abeilles ne chantent pas la nuit

Lentement Tu suis des yeux
la danse des dards
Lentement Tu écoutes
les mots s’écouler
comme du miel

Révolution, de France Burghelle Rey

1er avril 2013

Révolution, de France Burghelle Rey

Au pied de la vigne son ombre se dessine sur la cabane en pierres il lui suffit de chanter pour croire un instant moi je continue sur le même chemin et en cueille les épines
Son ombre se dessine sans qu’on en voit les contours quand du bout des doigts je tiens ce pinceau et cherche la couleur qui crie comme un chant de victoire l’avenir au bout des doigts

Comme si de rien

1er mars 2013

Comme si de rien

les larmes aux yeux sur l’autoroute elle avait déjà tout à l’heure, avoua-t-elle après coup, zone industrielle gare de marchandises marché de gros comme est ton coeur aujourd’hui, continuer tout droit au rond-point prendre la seconde sortie puis à droite, la chambre où vous dormirez cette nuit bonne ça t’étonnerait, votre enfant son bilan spécialisé demain

Venise ruse

1er septembre 2012

Venise ruse

"Cent dix-huit îlots
cent dix-huit vaisseaux
mille livres
millions de mots
toute comparaison tangue et sombre.
Frôler Venise
avec l’humilité des noyés."

Pirogues et autres brûlures

1er juin 2012

Pirogues et autres brûlures

"Fallait-il vraiment aussi tenir ce pas perdu ?
Ces années de mauvaises soif
et de mauvaises savanes.
Tu ne sais même plus recommencer.
Même tes ombres te traînèrent
au mica suant de midi.
Ane bâté de soleil,
aussi tristement qu’hébété…"

Du bout des yeux

1er octobre 2011

Du bout des yeux

Extrait : "son petit bien au chaud dans son lit & le froid dehors en pluie glaçante qu’elle espionne depuis la cuisine, comment traduire cela, cette pensée rassurante qui la traverse à cet instant où les gouttes deviennent de neige fondue sur les lamelles de bois de la table du balcon, comment traduire cela, ce sentiment de mère qui surpasse son entendement & la fait maintenant s’inquiéter pour ses fleurs, celles du cerisier d’ornement dont le rose sera gâché cette année par le mauvais temps (…)

Autoportrait de famille

1er mars 2011

Autoportrait de famille

"Que faut-il repérer d’anormal dans le champ mythique une pression
du doigt suffit à intercepter une vie pour en effacer les reliefs mais
les zones minées clignotent […]"

Fragmentations

1er mars 2011

Fragmentations

"je ne suis pas venue
chercher
la guerre
mais les os mêlés
d’un noyau
de fruit."

Dans un corps zéro contour

1er mars 2011

Dans un corps zéro contour

Qui se tient derrière la porte
et veut boire
et venir ?
L’été fracassant
avec qui joue l’enfant :
une libellule nommée aeschne.
Son poids nous regarde,
pivot furtif
extrait du ciel.

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.