La boucherie littéraire

Où vont les robes la nuit

2 mars 2018

Où vont les robes la nuit

Récit en proses poétiques né lors d’une insomnie, la nuit de la Saint-Valentin. Il s’agit d’une conversation avec un robe. Ce texte cousu à l’endroit à l’envers invente une doublure au manque pour rendre supportable la douleur. Chaque prose imagine une photographie à laquelle s’adresse notre solitude.

<i>Paysages intermittents</i>

1er décembre 2016

Paysages intermittents

Impermanence de l’être dans les sillons d’un temps altéré, Paysages intermittents est un instantané qui se regarde avec la profondeur de champ d’une radiographie.
Dans ces jeux de transparence, trois voix, trois temps simultanés s’expriment.
Ainsi femme. Ainsi paysage. Ainsi temps.
Une absence. Une attente. Une suspension.
Singularité de ce voyage : mémoire du paysage, paysage de la mémoire, tout paraît en mouvement.
Mais est-ce le cas (…)

Maison d'Emanuel Campo

1er décembre 2016

Maison d’Emanuel Campo

Maison. Poésies domestiques est une mise à flow de la famille et du papier, une navigation singulière du soi à la scène et de la scène au salon.
Ce recueil est né, une nuit de l’été 2013, lors d’une prise d’otage menée par le sommeil lourd et inconscient des êtres aimés et la naissance d’une tendinite au pouce.
Traçant continuellement des passerelles entre différentes disciplines artistiques, Emanuel Campo cherche peu à peu à construire une maison de plain-pied dans son (…)

Le ciel du dessous de Jean Azarel

1er octobre 2016

Le ciel du dessous de Jean Azarel

Juste un grondement fraternel
au pied de la montagne,
le pas lent de l’homme
uni au goutte-à-goutte
de la quête.
Peut-être après le temps compté
dans les entrelacs de la grâce,
comprendras-tu l’au-delà amer
où broute
le troupeau de mes fautes.

13 poèmes taillés dans la pierre

1er juillet 2016

13 poèmes taillés dans la pierre

Ces 13 poèmes taillés dans la pierre ont été composés par Patrick Dubost dans un monastère de l’ordre des Chartreux, la Chartreuse Notre-Dame-des-Prés de Neuville-sous-Montreuil dans le Pas-de-Calais, lors d’une résidence d’écriture en 2015.
Leur forme s’est imposée lentement, dans ce lieu où les angles droits sont partout, les rectangles trop évidents, les obliques rares et précieuses.
D’où ces textes en contreforts, gravés en creux dans la pierre blanche et crayeuse du langage, écrits en athée respectueux (…)

Lame de fond de Marlène Tissot

1er mars 2016

Lame de fond de Marlène Tissot

"Tu es quelque part, du côté de l’invisible, et ta chaleur traverse la vaste épaisseur de brouillard qui nous sépare. Je pense à ces liens qu’on noue les uns avec les autres. Peut-être pour s’arrimer au monde, à la vie, au réel. Pour dompter l’envie de prendre le large. Affronter le ressac des douleurs. Avancer. Jusqu’à la prochaine plage, la prochaine île. Et si le sable n’existe pas, je (…)

On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive d'Hélène Dassavray

1er décembre 2015

On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive d’Hélène Dassavray

À la fois intimes et universels, la sexualité et la féminité sont des thèmes souvent liés et abordés en poésie, en art en général, il faut dire qu’ils sont tout de même à l’origine du monde.

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.