La cérémonie des inquiétudes

Auteur : Alain Duault

La cérémonie des inquiétudes

"C’était un beau loup joueur sous la jupe des arbres Je m’en souviens car les cerisiers étaient en pleurs Les talus hérissés d’iris la mer étale appelait le soir Et moi je me soutenais avec l’ombre l’air était fou

Et arrogant Le vent décoiffait les chevaux blonds Il n’y avait rien à comprendre c’est bien souvent cela La vie : les pierres tièdes sous la peau des pieds nus L’odeur du pain qui grille jusqu’à l’or cuivré le livre

Qu’on ne voudrait pas finir et soudain c’est la fin Le soleil du matin qui a des rires à tous les rayons Une femme dont la peau luit dans le noir mon Dieu Qu’elle est belle : la rivière s’arrête pour la regarder

C’était pareil c’est la vie qui passe je me souviens De celles dont j’ai touché le visage que sont-elles Devenues le loup s’est enfui peut-être ou on l’a tué Dis que reste-t-il du vent de l’ombre de cet instant"

Alain Duault

Paru le 27 février 2020

Éditeur : Gallimard

Poème
de l’instant

Isabelle Baladine Howald

Fragments du discontinu

Je soliloque

la voix n’est pas ce que j’oublie
la voix dans mon oreille
cet objet de désir la voix

voix d’autre voix de toi
unique et que je ne peux caresser

Isabelle Baladine Howald, Fragments du discontinu, Éditions Isabelle Sauvage, 2020.