La dernière innocence

Auteur : Alejandra Pizarnik

La dernière innocence

Traduction de Jacques Ancet.

Alejandra Pizarnik a vingt ans lorsqu’elle publie en 1956, à Buenos Aires, son deuxième livre de poèmes, La dernière innocence. Vite, elle décidera de le considérer comme son premier et il figurera toujours en tête de sa bibliographie.

Si La dernière innocence n’est pas son tout premier livre, c’est celui avec lequel elle veut débuter et entrer en poésie : elle va au bal avec Rimbaud : « La dernière innocence et la dernière timidité ! C’est dit ! Ne pas porter au monde mes dégoûts et mes trahisons » (in « Mauvais sang », Une saison en enfer). C’est alors son programme sans être un manifeste, tout en ayant des couleurs surréalistes comme elle n’en aura guère plus tard.

Paru le 12 mars 2015

Éditeur : Ypsilon éditeur

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.