La gare Levantine de Philippe Veyrunes

La gare Levantine de Philippe Veyrunes

PRIX MAX-POL FOUCHET

préface de Claude Mourthé

À tous les voyages, il faut un point de départ, autrement dit une gare. La voici. Elle est levantine. Dès que retentit le coup de sifflet du départ, des ombres tutélaires nous accompagnent : Mac Orlan, Morand, Aloysius Bertrand et ce vieux bourlingueur de Cendrars.
Au rythme des boggies, nous voilà emportés dans une fabuleuse épopée à travers le temps et l’espace, où l’on retrouve émerveillé, des avatars de l’Orient-Express recelant des odeurs d’épices, des monoplans s’envolant du Bourget, des dirigeables survolant en douceur des banquises désertes. D’autres convois cahotant se faufilent parmi des pagodes, ou bien côtoient des forêts peuplées d’ours, de falaises boréales et des lacs insondables, dans le ronronnement d’un samovar. On assiste à des fêtes, à des bals masqués, avec une profusion de loups noirs. On voit se profiler des donjons moyenâgeux et passer des arlequins ou des pierrots joueurs…
Philippe Veyrunes nous emmène loin dans le dépaysement et aussi dans le secret de nos rêves les plus intimes.

Paru le 1er novembre 2003

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Est-ce pour maintenant ou pour toujours
Que le monde est pendu à une tige ?
Est-ce pour un rendez-vous ou par ruse,
Ces bois trouvés pour aller faire un tour ?

Est-ce miracle ou mirage
Si vers les miennes se lèvent tes lèvres ?
Et les soleils, comme des balles de jongleurs,
Sont-ils une feinte ou un gage ?

Darde tes feux, mon ange surprenant,
Faisant front de tes seins à la peur coupe court,
Te prenant maintenant, je te prends pour toujours,
Car le toujours est toujours cet instant.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.