La lune noircie

Auteur : Anise Koltz

La lune noircie

Prix de littérature Jean Arp 2009.

"Dans le court texte qui ouvre le premier récit, Anise Koltz livre une vision de l’homme marquée par la souffrance et la désillusion : « Suspendu par les pieds dans le vide tel un morceau de boucherie, gluant des sucs de sa mère et recouvert de sang qui n’est pas le sien, la première vision de l’homme est celle d’un monde à l’envers. Pourra-t-il jamais la faire coïncider avec celle qu’il aura, une fois atterri sur ses pieds ? Ses pieds feront de lui un marcheur, le condamneront à être sans patrie ni repos. Il ne sera ni lieu défini, ni réserve naturelle, mais une route qui se perdra dans le lointain. Il s’identifiera parfois à la lumière, parfois à l’obscurité ou simplement aux mécanismes de la chair. Il épousera ces deux pôles contraires, créant ainsi les énergies nécessaires à sa vie. S’accomplissant sans s’accomplir, son but se trouvera toujours à l’opposé de celui qu’il s’était proposé. Être sa propre création ou celle des autres ?"

Paru le 1er avril 2009

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.