La mémoire et l’archet

Auteur : Annie Salager

La mémoire et l'archet

Extrait :

Le poème anonyme
Un poète n’est rien, a choisi / de n’être rien, d’être rien / a choisi les commencements / de mondes qu’il veut inventer / dans l’exil avec vous

(extraits)

Les liens
Cette nuit dans mon rêve
était-ce un cri d’alerte
ces forêts humaines habitées de
chaleur et d’invisibles incendies
qui brutalement les enflammaient ?
On aurait dit qu’elles cherchaient
en elles un chant nu qui les dise,
ces forêts de vies pressées
minuscules vies dès l’enfance oubliées
vies animales par
le grand récit mythique captées
les forêts de vies solitaires

Je te poserais ces questions à l’oreille
nous serions assis au pied de dunes
à la saison où les lis y fleurissent
tu me parlerais des hauts-fonds
moirés de lumière en faisant couler
lentement entre tes doigts
un sable fin comme de sablier, et
différant le plaisir espéré de la nage,
nous parlerions du lien qui nous crée
insoumis et nous lie aux forêts
comme à l’imperfection de nos chants
à l’inquiétude et au plaisir de notre souffle

Paru le 1er octobre 2013

Éditeur : La rumeur libre

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.