La mesure et le flux

Auteur : Bernadette Engel-Roux

<i>La mesure et le flux</i>

Lecture de Pierre Oster Soussouev

Voici la première présentation d’une oeuvre bien plus secrète et folle qu’il n’y parait d’abord. Pierre Oster, en effet, non content de remettre en chantier chaque page de ses Dieux (et d’en multiplier comme à l’envi des versions toujours impossibles), a choisi de montrer jusque dans l’action littéraire la quasi inexistence de qu’en vian l’on désigne sous le vocable trompeur de corpus.

La poésie (…) à ses yeux ne possède aujourd’hui de valeur que propédeutique. Leçon que Valéry patronne ; mais l’auteur de La Jeune Parque n’a-t-il pas trop tôt renoncé à son grand projet d’oeuvre infinie ?

Bernadette Engel-Roux est toute ferveur, toute force et toute finesse. Elle se montre douée d’indépendance dans la traversée d’un univers presque contigu au sien. Une lecture incomparablement mobile lui dicte des inspirations judicieuses ; et ses propres dons d’écrivain me paraissent des plus rares.

Gaspard Olgiati

Paru le 1er mars 1996

Éditeur : Babel éditeur

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.