La mesure et le flux

Auteur : Bernadette Engel-Roux

<i>La mesure et le flux</i>

Lecture de Pierre Oster Soussouev

Voici la première présentation d’une oeuvre bien plus secrète et folle qu’il n’y parait d’abord. Pierre Oster, en effet, non content de remettre en chantier chaque page de ses Dieux (et d’en multiplier comme à l’envi des versions toujours impossibles), a choisi de montrer jusque dans l’action littéraire la quasi inexistence de qu’en vian l’on désigne sous le vocable trompeur de corpus.

La poésie (…) à ses yeux ne possède aujourd’hui de valeur que propédeutique. Leçon que Valéry patronne ; mais l’auteur de La Jeune Parque n’a-t-il pas trop tôt renoncé à son grand projet d’oeuvre infinie ?

Bernadette Engel-Roux est toute ferveur, toute force et toute finesse. Elle se montre douée d’indépendance dans la traversée d’un univers presque contigu au sien. Une lecture incomparablement mobile lui dicte des inspirations judicieuses ; et ses propres dons d’écrivain me paraissent des plus rares.

Gaspard Olgiati

Paru le 1er mars 1996

Éditeur : Babel éditeur

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.