La mort, c’est simplement : ça dort.

Chantal Dupuy-Dunier

Extraits de « Où qu’on va après ? »,
paru aux Éditions L’Idée Bleue (novembre 2008) avec des illustrations d’Elena Ojog

La mort, c’est simplement : Ça dort.
Tout ce qui vivait, tous ensemble
les fleurs
les chats
les hommes…

Et les écrivains - c’est terrible un écrivain,
ça s’imagine qu’on n’oubliera jamais
ni son nom ni ses livres.
- Plein d’illusions, l’écrivain ! -
alors qu’au plus tard dans mille ans,
il n’y aura personne pour s’en souvenir !
Ils meurent aussi, les écrivains,
même les académiciens.
Regardez : Alphonse Daudet,
il a pas survécu à sa chèvre,
ni au loup,
ni aux puces.

Poème
de l’instant

Mon corps et moi

Nu dans le soleil et si près d’être à jamais sauvé, c’est le réveil d’une chair pour qui la lumière, la joie ne peuvent être encore que d’intermittents miracles.

René Crevel, Mon corps et moi, Le Livre de Poche, 1991.