"La mort, etc." suivi de "Deuil et irréel, modalités." de Tita Reut

"La mort, etc." suivi de "Deuil et irréel, modalités." de Tita Reut

Et si la langue occupait en nous la place où, autrefois, on imaginait l’âme ou l’ange (gardien)… Il y aurait alors un usage courant sous la forme du langage et puis, soudain, à la suite d’un regard, d’une perception, d’une rencontre, l’éveil de cette langue manifesté par une précipitation verbale prenant la forme du poème.
C’est ainsi par précipitations successives que se construisent, me semble-t-il, les livres de Tita, et l’on y sent toujours la vivacité du surgissement. L’élan prime et, au gré du souffle, dépose tels quels les mots précipités dans l’instant dont ils sont l’empreinte. Rien que du vif et son immédiateté.
Bernard Noël (quatrième de couverture)

Paru le 1er avril 2010

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.