La mue des cigales

Stéphane Page

La mue des cigales

Extrait :

Faire entendre les cent pas comme une odeur habite une pièce.

La machine se détraque, multiplie les différences jusqu’au retour du même.

Nous tournons dans la cage avec le mot police.

Tu chuchotes le soir quand plus personne ne te formule : j’entends l’aveu de chaque silence.

Les cartes tombent sur le tapis devant un jeu prenant en charge ce qui ordinairement est délégué, ailleurs, hors de nos mains.

Le verbe rassemble à l’intérieur d’un acte, nuit après nuit. L’hiver glaçait les rails de la petite gare du matin : les écureuils sont morts avant d’avoir gagné l’abri.

Assister à tes yeux c’est peu à peu comprendre l’accord qui unira les berges, l’exactitude du torrent dans un parfait déséquilibre.

J’attends de tes nouvelles chaque soir depuis mon corps glacé.

Paru le 20 juillet 2021

Éditeur : La Crypte

Poème
de l’instant

« Aubade »

I had two desires : desire to be safe and desire to feel.

Louise Glück, Poems 1962 - 2012, « Aubade », Farrar, Strauss and Giroux, 2012.