La nuit d’un seul

Auteur : Mathieu Brosseau

La nuit d'un seul

"Mathieu Brosseau fait partie de ces poètes qui ne nous ouvrent pas seulement les portes de leur imaginaire, mais de leur intimité – c’est son regard qu’il expose. Et il ne le fait pas par touches discontinues et abstraites, mais au fil d’un recueil, composé à la manière d’un récit, qui nous montre ce regard en train de se constituer. Cette cohérence de la narration est ce qui frappe le plus à la lecture."
Thomas B. Reverdy

"Sorti tout droit d’un rêve : cet enfant rit des reliefs humains, des compositions de chacun.

Il y a là comme une impudeur ignorée. Tout le monde y met de soi et l’intériorité des uns s’exprime sur l’extériorité des autres. Nous nous confondons dans les langues et embrassons les même signes.
En perpétuel chantier, l’univers entier révèle au grand jour les particularités intimes des esprits les plus pudiques.

Tout lui apparaît dans sa nature initiale : escalier à niveau, chambre, vaisselier, rambarde, caniveau, immeuble et toit, balcon et autres objets. Mais il comprend qu’il n’y a là qu’un château de sable, qu’il n’y a là que matières à rire : sa che friable è l’archittetura delle cose".

Paru le 1er mars 2009

Éditeur : La rivière échappée

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.