La nuit d’un seul

Auteur : Mathieu Brosseau

La nuit d'un seul

"Mathieu Brosseau fait partie de ces poètes qui ne nous ouvrent pas seulement les portes de leur imaginaire, mais de leur intimité – c’est son regard qu’il expose. Et il ne le fait pas par touches discontinues et abstraites, mais au fil d’un recueil, composé à la manière d’un récit, qui nous montre ce regard en train de se constituer. Cette cohérence de la narration est ce qui frappe le plus à la lecture."
Thomas B. Reverdy

"Sorti tout droit d’un rêve : cet enfant rit des reliefs humains, des compositions de chacun.

Il y a là comme une impudeur ignorée. Tout le monde y met de soi et l’intériorité des uns s’exprime sur l’extériorité des autres. Nous nous confondons dans les langues et embrassons les même signes.
En perpétuel chantier, l’univers entier révèle au grand jour les particularités intimes des esprits les plus pudiques.

Tout lui apparaît dans sa nature initiale : escalier à niveau, chambre, vaisselier, rambarde, caniveau, immeuble et toit, balcon et autres objets. Mais il comprend qu’il n’y a là qu’un château de sable, qu’il n’y a là que matières à rire : sa che friable è l’archittetura delle cose".

Paru le 1er mars 2009

Éditeur : La rivière échappée

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.