La nuit succombe suivi de Carène d’Hervé Delabarre

La nuit succombe suivi de Carène d'Hervé Delabarre

DIRE QU’ELLE EST

L’ombre s’ajoute à la déshérence des lèvres

éperdues

aux abois

favorisant les fièvres où elles-mêmes s’alimentent

Est-ce que cela s’entend

est-ce que cela se voit

Les flammes dégrafent les rideaux

qui tombent de toute leur épaisseur

pour recouvrir le lit

de ces ocelles et ces débris de nacre

miroirs intimes

et faits pour inciser les chairs

Dérapages et sentiments vertigineux

S’en viennent pleurer

près des remparts harcelés de lichens

De quoi alimenter les derniers beaux jours

et la fuite ininterrompue du printemps

Les trappeurs harassés

rescapés du rêve

vont-ils vaticiner encore

au sommet des pistes neigeuses

qui s’éteignent dans le lointain d’un autre continent

Mais elle

quel corps a-t-elle été

de quelle obscurité était-t-elle la reine

pour s’en venir ainsi aimer l’aber

venin divin d’un divan vain

Paru le 1er mai 2017

Éditeur : Les Hommes sans Epaules éditions

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Mohammed Dib

« Primauté d’être »

« Primauté d’être »

Tu penches.

Dans un même
déclin d’être.

Dans un même
déclin d’ère.

Tu penches.

Le désir pèse
sur tes feuilles.

Mohammed Dib, 1920 - 2003, Le cœur insulaire, Éditions de la Différence, 2000.