La porte le rêve

Auteur : Christophe Lamiot Enos

La porte le rêve

Récit d’une histoire vécue, la porte, le rêve se veut combat contre ce qui minimise le travail et l’importance de l’activité onirique — que celle-ci se manifeste durant la nuit, ou durant le jour ; qu’elle se limite apparemment à une intimité ou bien s’inscrive, de façon évidente, en un intérêt commun, pour tous.

Combat, parce que tout d’abord témoignage : c’est avec la plus grande rigueur que Christophe Lamiot Enos, puis Chelsea Mortenson, en de superbes aquarelles, se sont voués à exprimer ce qui s’est rencontré de rêves récurrents, spécifiques, à travers des paysages désormais partagés, du Néguev et plus particulièrement d’Oboda la nabatéenne, sur le site aujourd’hui d’Avdat.

Tel effort d’expression a pu voir le jour grâce à un repérage sur le terrain, de nombreuses photographies prises par Lamiot Enos, ainsi que des entretiens avec les meilleurs des spécialistes de l’archéologie nabatéenne. Pourtant, Lamiot Enos n’avait pas été sur ces lieux au moment de ses rêves — pas encore. L’Imaginé intérieur a précédé le cartographié du dehors. Quelle mémoire, visionnaire, en lui, a parlé, alors ? N’a-t-elle pas dit et redit surtout, par-delà tel ou tel propos précis, quelque beauté perdue, à retrouver à même le désir ? Le volume la porte, le rêve ne nous passe-t-il pas cette demande, à nous, lectrices/lecteurs, de rêver aussi et fort, pour aller, à notre tour, à la suite de nos rêves ?

Paru le 12 octobre 2018

Éditeur : LansKine

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.