La propre au chant

Gabrielle Althen

Lorsque le soir jette sa nappe trop pure
Sur le trou de l’azur et le cri de la bête
Les mots jamais lavés
Et la peine triviale
Parle mon frère
Car j’ai les mains qui pleurent
Est-ce que le vent commence à la cascade ?
Pourquoi ai-je les mains qui pleurent ?
Parle je te prie
Le vent rouvrira-t-il sa lessive de mots ?
Donne-moi mon nom dessine mon murmure
Oh ! la pelote du coeur !
- Soupir d’une étonnée de sa douleur
Se pose sur un doigt un mince oiseau de joie
On ne saura lequel
On ne saura de qui

Gabrielle Althen

Poème
de l’instant

Coplas

Que fais-tu, hibou, sur ton olivier,
avec ces grands yeux tout écarquillés ?

Je m’occupe à observer, dit l’oiseau,
du temps la longue traversée.

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.