La table ronde

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Ballade du vent et du roseau

18 mai 2022

Ballade du vent et du roseau

« Il y a chez Christian Viguié une belle constance à se faire l’écho des murmures et des frémissements les plus légers, les plus timides. Son œuvre entière tend à cette délicate transmission. »
Le Monde des Livres - Xavier Houssin

Quand je me deux

29 mars 2022

Quand je me deux

« Combien de fois ne m’a-t-on pas demandé d’éclairer le sens de ce “deux” ! du verbe “se douloir”, fréquemment usité au Moyen-Âge et signifiant souffrir, plus au plan moral que physique. Apollinaire l’a fait revivre dans son Guetteur mélancolique, en optant pour cette belle graphie qui donne 2 aussi.
J’ai envie de suggérer aux lectrices, aux lecteurs de commencer par la fin, à savoir par la table, qui se trouve être une sorte de “comptoir” : histoire de dire que j’aime presque autant les chiffres (surtout (…)

Trois poèmes

30 mars 2021

Trois poèmes

Traduction et préface : Patrick Hersant « Le premier recueil de Hannah Sullivan déroute autant qu’il séduit. Par le brio de rythmes infatigables, le tintement à la rime d’appariements cocasses, la force narrative de ce qu’il faut bien appeler un récit ; par l’émouvante beauté dont elle pare les gestes d’un quotidien banal, universel, en quête paisible de sens et d’unité. Droite sans raideur, assurée sans ostentation, cette poésie avance sur le fil tendu par Sullivan entre le pur plaisir de l’oreille (rimes (…)

Entre midi et minuit

11 mars 2021

Entre midi et minuit

Dans la vraie vie, Thierry Radière est professeur d’anglais, comme Mallarmé avant lui. Ce métier offrirait-il une porte dérobée vers la poésie de ce monde ? Il faut le croire, tant Entre midi et minuit est habité par un ailleurs, si proche et si loin, qu’il s’agit d’attraper avant qu’il ne se sauve. Le recueil compte trois parties : « Poèmes totémiques », « Je n’aurais pas pu voir » et « J’avais déjà dit un jour ». Les aubes n’y sont pas navrantes. Souvent levé de bon matin, Thierry Radière s’assied à sa table (…)

Éphéméride

5 mars 2020

Éphéméride

« À l’automne 2017, j’ai eu le désir de quelque chose de nouveau pour moi : réunir des textes variés – notes, fragments, lettres et courriels, traductions, commentaires, poèmes encore (et toujours !) ; constituer un recueil de “miscellanées”. J’ai pensé à Pierre Reverdy, à Antoine Emaz. Je souhaitais quelque chose d’hybride sans trop savoir comment rassembler un tant soit peu de cette matière (ce “métier”, eût dit Cesare Pavese), oui cette matière de vivre accumulée au fil du temps, et ce fil, par quel bout (…)

Le Temps <i>suivi</i> de Notre-Dame

5 mars 2020

Le Temps suivi de Notre-Dame

Le Temps pourrait finalement être le titre général de l’œuvre, abondante et généreuse comme une fête breughélienne, de William Cliff. Le temps dont il est question ici, c’est celui perdu et retrouvé de l’éternel explorateur de lui-même et du monde qu’est William Cliff, maître de la prosodie fantasque, subtil docteur de la rime et de l’assonance, enchanteur qui sait varier ses métamorphoses en créant le rythme entêtant qui vous invitera à le suivre là où il veut vous emmener, en l’occurrence sur les chemins de (…)

Rien que l'amour

14 mars 2019

Rien que l’amour

Édition de Guy Goffette
Lucien Becker est un poète rare et sa voix unique fut saluée par Camus, Paulhan, Bousquet, Cadou, Char. Né en 1911 à Béchy (Moselle), mort à Nancy en 1984, il a composé, en marge de la vie littéraire et de ses mouvements, une œuvre brûlante autour du corps de la femme, seul rempart contre le néant.
Résistant pendant la guerre, il ne cessera de résister à la poésie et à ses entours illusoires. À cinquante ans, abandonnant tout, il se retira dans le silence avec la femme de sa vie, (…)

Nager vers la Norvège

14 mars 2019

Nager vers la Norvège

« Quitter Vierzon.
Dans un demi-sommeil, lors d’un arrêt anormalement long en gare de Vierzon, le voyageur à bord du train désert se demanda soudain combien de filles, en cet instant précis, un 10 février à 16h31, faisaient l’amour dans la petite ville un peu triste. Une, cinq, dix, aucune ? Le train repartit, il n’y eut pas de réponse et le voyageur éprouva une très brève mais intense tristesse comme s’il avait laissé échapper la chance unique de résoudre le mystère de toute chose.
Puis il se rendormit (…)

Cartes postales

14 février 2019

Cartes postales

Henry Jean-Marie Levet était un jeune dandy qui, sous des allures d’esthète britannique, exerçait la fonction de diplomate. À sa mort, il avait seulement publié deux plaquettes de poèmes confidentielles avec des épigraphes de Laforgue et de Rimbaud. Il y eut aussi un Levet chansonnier et vaudevilliste qui collabora au Courrier français, l’un des journaux les plus importants de l’époque. Mais ce qui fera la gloire posthume de Levet, c’est la douzaine de poèmes constituant les Cartes postales qui (…)

À la ligne

3 janvier 2019

À la ligne

À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les (…)

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.