La tête à l’envers

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Crux la Ville

Mémoires inconnues

1er avril 2019

Mémoires inconnues

Dans ce recueil de poèmes accompagné par des encres de Liliane-Eve Brendel, Cécile Oumhani poursuit sa méditation sur les traces du passé qui sommeillent en nous, inaperçues souvent, voire incomprises…

Les sept voyages d'Ali l'Homme Tapis

12 décembre 2018

Les sept voyages d’Ali l’Homme Tapis

Ce poème est aussi un conte oriental, où le Tapis n’est plus un transport magique mais le motif qui tisse le récit et le destin d’Ali. Il le mènera inéluctablement jusqu’au Nouveau Monde… La tête à l’envers publie ce conte-poème dans la collection "Gourmandise" car c’est un bonheur de lire ce petit chef-d’oeuvre de fantaisie, d’humour léger et de rythme. Mais qu’on ne s’y trompe pas : comme souvent dans les contes, sous la légèreté apparente, se cache la gravité d’une réflexion sur le déroulement de la vie. (…)

Septième rive

1er mars 2017

Septième rive

"Ah j’ai aimé ! – superbes nos collines,
le chêne, les bois où mon frère
la nuit sortait comme voix affamée,
et toi, mon cœur, avec la voix, avec
les bras pour élancer encore un
jour, un autre encore sur nos collines !
Ah j’ai aimé !, l’orée, la braise, l’aiguille.
Et tout ça je te le dois, avec ma langue libre,
là – au-dessus de nous.
Ah j’ai aimé ! Et toi, mon cœur, avec les bras,
avec la voix –.
J’honorerai le cri, la main, le (…)

Voile blanche sur fond d'écran de Simone Molina

1er décembre 2016

Voile blanche sur fond d’écran de Simone Molina

L’écriture de Simone Molina est née de l’exil et de l’hospitalité à la figure de l’étranger, et, avant l’exil, d’une guerre sans nom, aux multiples visages d’effroi.
Le poème fait bord à l’indicible. Il témoigne du côtoiement de la folie et de sa puissance créative, de ses belles évidences jetées au vent, pour que surgisse une parole qui rende vivante la relation.
Et plus précisément, Voile Blanche sur fond d’écran reprend les thèmes de la guerre, du trauma, de la perte, mais aussi de la force vitale de (…)

Faire un trou à la nuit

1er octobre 2016

Faire un trou à la nuit

Apaise-toi
Voici le temps venu
de trouver d’accepter
d’autres lumières
vers d’autres terres
Partir en cette absence
à la racine du vent
Quoi de soi-même
et de la route menée
espérer ?
ou encore :
Au crépuscule de tes
paroles s’avancer
Faire un trou à la nuit
Laisser les étoiles s’évader

D'Ararat de Noée Maire

1er septembre 2016

D’Ararat de Noée Maire

« Sous le ciel de tant de mémoire un parfum de broussaille ton visage soulève mes mains tu touches le doux ventre fragile
Je repousse le vide d’un sourire. »
Le recueil : Une voix nouvelle, profonde et grave. Bien que Noée Maire nous dise que « rien ne peut rendre ce que le manque a vidé », le tragique du langage arrive ici à parler de l’indicible. Mais l’auteure retrouve une présence – sa présence – dans le mouvement du monde, le chant d’une rivière, le souffle du vent, un chemin de lumière – toutes (…)

Il m'a demandé quelques choses (le départ)

1er juin 2016

Il m’a demandé quelques choses (le départ)

je vois ton ombre
immensément fragile
recouvrir des villes entières que
tu traverses
qui aussi te traversent toi
si sensible à la façon dont elles lèvent leur aube
couchent leur sommeil

De la poussière sur vos cils de Julien Bosc

9 novembre 2015

De la poussière sur vos cils de Julien Bosc

Il y eut partout de la neige, du sang sur la neige, des corps sans sang ni vie dans la neige et des cris qui tuent dans la neige ; il y eut dans le ciel des bruits de moteurs aveugles qui s’en retournèrent sans avoir mis le feu au feu et il y eut ces milliers d’yeux qui regardèrent ensuite à tout jamais les cieux désertés.
Ô orge de la parole dormante
Ô pêne grippé dans la (…)

Le nid

1er septembre 2015

Le nid

Comme une barque haut lancée
proue d’écorces de lumière
entrelacées
tendue face aux bourrasques
sans lien avec la terre
balancée
amarres de branches
amers aux vents vibrants
un vol d’étourneaux
pour voyageurs
la barque s’anime
se leste de ces mots

<i>Passeurs de rives</i>

1er juin 2015

Passeurs de rives

Encres Myoug-Nam Kim
"Tu cherches ton passé
au creux des nids que l’hiver
accroche haut dans les peupliers
les oiseaux
fervents de rives et de voyage
y ont laissé
leurs songe en obole
avant l’errance du ciel"

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.