La transparence

Auteur : Gérard Pfister

« Plus qu’aucune autre, écrivait Roger Munier dans sa préface à Naissance de l’invisible, l’oeuvre déjà riche du poète qui dit en ces pages la lente et difficile "naissance de l’invisible" s’enracine dans l’expérience vécue. Sa voix parle à quiconque. » Et, dans son Bulletin de théologie littéraire, Jean-Pierre Jossua tentait une définition de la poésie du Tout proche : « La poésie de Gérard Pfister est arrivée à sa marurité. Comment la définir autrement qu’une poésie mystique pleine de pudeur ? »
La Transparence est constitué de 16 suites, d’une forme assez comparables à celles du Tout proche, mais dont le propos s’apparente bien plus, en profondeur, à celui des Blasons du corps limpide de l’instant. Au reste, la « limpidité » qu’évoque le titre des Blasons n’est-elle pas le corps même de ce nouveau livre ?
La transparence est tout à la fois ce qui est le plus clair et, par sa clarté même, insaisissable. C’est cette transparence-là, que nous habitons sans la voir, dont nous vivons sans le savoir, que s’efforcent de rendre sensible ces 16 suites. Citons ici un extrait de la neuvième : « Ce qui / se connaît // comme néant / n’est rien // et pourtant / pourtant // se connaît /// Ce qui / se connaît // comme néant /est pure // transparence, / pure présence, // ici ne manque / rien, // et tout / a été perdu /// Ce qui / se connaît // comme néant // n’a pas besoin / de dieu // pour l’entendre // n’a plus besoin / de l’homme // pour parler, // un pur espace / de lumière »

Paru le 1er avril 2005

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.