Le Bateau fantôme

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Vincennes

Yves Bonnefoy

1er mai 2016

Yves Bonnefoy

"Entretien avec Natacha Lafond et Mathieu Hilfiger sur la question du livre", par Yves Bonnefoy
Natacha Lafond et moi-même avions rencontré Yves Bonnefoy en janvier 2004, il y a 12 ans, dans son bureau du Collège de France, pour un long et passionnant entretien. Cet entretien était destiné au numéro de la revue Le Bateau Fantôme portant sur le thème du « livre » (automne2004), où allait être présenté un dossier entier sur cette poétique dans l’œuvre du poète.
Cet échange consista principalement dans la (…)

"Jaccottet écrivant Au col de Larche", par Jean-Marc Sourdillon

1er septembre 2015

"Jaccottet écrivant Au col de Larche", par Jean-Marc Sourdillon

Dans cet ouvrage, Jean-Marc Sourdillon, écrivain et spécialiste de Jaccottet (il a participé à l’édition de ses Œuvres dans la bibliothèque de la Pléiade), nous retrace le mouvement qui a donné naissance au texte "Au col de Larche". Dans le récit intime de cette genèse, nous découvrons la formidable sensibilité et l’extrême exigence qui font de Philippe Jaccottet un immense poète. Un témoignage exceptionnel sur la réalité de la création (…)

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage