Le Cadre et le clou, notes d’atelier

Auteur : Bernard Ascal

<i>Le Cadre et le clou, notes d'atelier</i>

Ces notes ont été rédigées durant les longues périodes de travail solitaire dans l’atelier. Sans doute dialoguais-je avec moi-même, à mon insu. Aussi le soir, après avoir déposé mes pinceaux, il n’était pas rare que je trouve sur la table jouxtant mon chevalet quelques lignes écrites à la hâte dont je ne me souvenais pas les avoir rédigées. Cet ensemble esquisse donc un parcours personnel, mais également celui de nombreux compagnons de route qui se sont extraits de l’anonymat sans pour autant accéder à la grande notoriété. (extrait de la postface).

Rassemblées ici dans leur « jus » initial, elles révèlent des mouvements d’humeur et d’humour qui questionnent à la fois le comment et le pourquoi de l’activité artistique. Doutes, déceptions, colères, mais aussi espoirs et secrète certitude du créateur que n’entament ni l’imperfection du geste ni l’arrogance d’un Marché dans le moule duquel on ne se coulera pas. Et ce qui est dit ici de la peinture trouvera aisément écho bien au-delà, quels que soient l’époque, le lieu ou le mode d’expression.

Paru le 1er septembre 2011

Éditeur : Rhubarbe

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.