Le Cadre et le clou, notes d’atelier

Auteur : Bernard Ascal

<i>Le Cadre et le clou, notes d'atelier</i>

Ces notes ont été rédigées durant les longues périodes de travail solitaire dans l’atelier. Sans doute dialoguais-je avec moi-même, à mon insu. Aussi le soir, après avoir déposé mes pinceaux, il n’était pas rare que je trouve sur la table jouxtant mon chevalet quelques lignes écrites à la hâte dont je ne me souvenais pas les avoir rédigées. Cet ensemble esquisse donc un parcours personnel, mais également celui de nombreux compagnons de route qui se sont extraits de l’anonymat sans pour autant accéder à la grande notoriété. (extrait de la postface).

Rassemblées ici dans leur « jus » initial, elles révèlent des mouvements d’humeur et d’humour qui questionnent à la fois le comment et le pourquoi de l’activité artistique. Doutes, déceptions, colères, mais aussi espoirs et secrète certitude du créateur que n’entament ni l’imperfection du geste ni l’arrogance d’un Marché dans le moule duquel on ne se coulera pas. Et ce qui est dit ici de la peinture trouvera aisément écho bien au-delà, quels que soient l’époque, le lieu ou le mode d’expression.

Paru le 1er septembre 2011

Éditeur : Rhubarbe

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.