Le Cœur vivant des ombres

de Delphine Durand

Le Cœur vivant des ombres

Peintures : Hubert Haddad

« On sort, revient ou ne revient pas de ces pages sans être quelque peu pantelant. C’est que Le cœur vivant des ombres possède une telle intensité, expressive, sensible, historique, personnelle, universelle, ô combien singulière toutefois, recèle de telles fulgurances et brasse tant de vies en son apocalypse que l’on en titube, stupéfait, bouleversé par ce qui rassemble tout l’amour, toutes les profanations et toute l’innocence du monde. Nous sommes confrontés, ici, à une espèce de cime vertigineuse : tout pourrait dès lors s’écrouler, s’envaser dans la fange nauséeuse du temps et des horreurs subies, mais tout s’éveille, ou bruit, battements d’ailes et carcasses d’anges dont on recueillerait les cendres, passion, étreinte, si bien que c’est un chant qui s’élève, né du paroxysme affectif autant que d’une égarante bonté. » Lionel Bourg

Paru le 16 octobre 2020

Éditeur : Le Réalgar

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

L’Impossible

La poésie révèle un pouvoir de l’inconnu. Mais l’inconnu n’est qu’un vide insignifiant, s’il n’est pas l’objet d’un désir. La poésie est moyen terme, elle dérobe le connu dans l’inconnu : elle est l’inconnu paré des couleurs aveuglantes et de l’apparence d’un soleil.

Ébloui de mille figures où se composent l’ennui, l’impatience et l’amour. Maintenant mon désir n’a qu’un objet : l’au-delà de ces mille figures de la nuit.

Georges Bataille, L’Impossible, Éditions de Minuit, 1962.