Le Commencement est un dieu

Essence et permanence des mythes

Auteur : Bernard Deforge

Le Commencement est un dieu

Les idéologies dominantes dans le domaine des études sur la Grèce ancienne ont instauré deux miracles auxquels je ne crois pas : le miracle « indo-européen » du second millénaire – simple remontée du « miracle grec » de jadis – qui, en s’appuyant sur quelques vérités linguistiques et un schéma fonctionnel élémentaire, nie la chaîne culturelle de deux millénaires de civilisation et de littérature méditerranéennes et proche-orientales, et le miracle de la Cité grecque surgie entre le xie et viiie siècle : loin de moi de refuser la réalité et l’importance des cités ! cependant, après tout, le monde néolithique a vu naître d’autres cités que des grecques, mais surtout, depuis Platon, l’Idée de la Cité l’emporte sur la cité, et ce phantasme nourrit aujourd’hui, après maints avatars, la pensée post-hégélienne. Hors la cité, point de salut ?

Tout au rebours, il m’apparaît que chez les Grecs, comme pour nous, c’est au fond de l’homme d’abord, dans ce qu’un dieu y a mis au commencement – les mythes en même temps que l’être, héritage génétique en même temps que culturel – qu’il y a eu et qu’il est quelque chance de salut, et quelque sens… Les Muses à Hésiode ont appris les vérités. Sur l’Hélicon.

Paru le 14 avril 2017

Éditeur : Les Belles Lettres

Genre de la parution : Prose

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Fereydoun Faryad

Ciel sans passeport

Exil amer.
Aucune lettre, nulle visite.
Sauf un moineau
Qui s’est posé sur la fenêtre
Avec en son bec
Un vers de Sappho.

Fereydoun Faryad, Traduction de Jacques Lacarrière, Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.