Le Graal des taoïstes

André Velter

Non

Quand un poète respecte sa liberté et son ivresse,
Il vagabonde ici ou là comme un clochard céleste.
Si un important l’importune, patron ou président,
Il secoue ses haillons d’ivrogne transcendantal

Et sait le congédier.

in Treize poèmes improvisés à la gloire du vin en compagnie
de Wang Xizhi, Tao Yuanming, Wang Han, Wang Wei,
Li Bai, Du Fu, Li Yu, Liu Yong, Su Shi et Wang Shipu.

Poème
de l’instant

Le Chant du métèque

Vous ne saurez jamais ma soif mon angoisse
des visages douloureux, des nébuleuses obscures,
des sourires lumineux, des carrefours tordus,
du temps qui naît, du temps qui meurt,
des fenêtres closes, des tombes étales
sous le baiser humide du ciel.

Jean Malaquais, « Le Chant du métèque », Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.