Le Jour Inattendu

de Jakobiak Bernard

Le Jour Inattendu

Preface De Hubert Ordronneau.

J’attends l’inattendu et je vais accueillir
la flamme du désir
dont je saisis la soif
de toujours, a jamais revenue des orages.
J’abrège les déserts.
Le don d’une oasis traverse les tombeaux.

Bernard Jakobiak est né a Lens, en 1932, est orphelin de père et de la langue polonaisedes 1935. Réfugié a Givors, il reçoit, a dix ans, la lumière véritable en l’Eucharistie. Il se rêvenomade libéré des prétentions sientifico-techniques mortifères. Dès 1948, l’été, il vagabonde avélo puis à pied, laisse tous les livres, sauf l’Évangile. II démissionne de l’enseignement publicet tente la traversée du Maroc où il découvre que le poème existe. Dire l’ineffable seraitpossible. Il tente l’alpinisme, termine des études littéraires a Grenoble. Puis la beauté d’unefemme amoureuse l’ouvre à l’harmonie cosmique. II traverse des maladies étranges. II rencontre cequ’il cherchait depuis toujours : la liturgie, sel de la Terre. Elle ouvre au sens, au mystère, àla lumière et à la vraie liberté. II lui devient nécessaire de découvrir les compagnons deVérité… jusqu’à la stupéfaction de s’entendre appelé à devenir prêtre dans L’Église Orthodoxe deFrance. La poésie n’en disparaît pas. « Vas vers toi, vers ton inattendu » dit-elle.

Paru le 15 mai 2019

Éditeur : Le nouvel Athanor

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage