Le Printemps des Paysages 2018


Le Printemps des Paysages est né de la rencontre du Printemps des Poètes et du Bureau des Paysages du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Cette initiative en partage entend interroger la notion de Paysage par le regard croisé d’un poète avec celui de professionnels de l’aménagement du territoire. Le poète apporte ici le pas de côté nécessaires aux réalités techniques de terrain dans le but de produire une lecture originale et de donner des pistes de compréhension nouvelle sur une zone géographique déterminée.

Pour ce premier volet du « Printemps des Paysages », Le Printemps des Poètes a invité le poète Dominique Sampiero à mener une résidence de création dans la Vallée du Lot, du 23 juin au 1er juillet 2018.



Durant le temps de résidence, Dominique Sampiero s’est attaché à rencontrer les acteurs locaux pour comprendre les enjeux géographiques, humains et scientifiques de ces trois communes. Durant ces journées de rencontres et d’échanges, le poète tenait un journal de bord Carnet de l’ici.

Lors de journées de restitution, du 29 juin au 1er juillet, Dominique Sampiero, fort des rencontres faites en amont, a proposé des ateliers pour jeune public et une lecture à la médiathèque d’Aiguillon le 29 juin, un atelier pour adulte et une discussion autour des particularités et du contexte de la ville de Fumel le 30 juin, et une lecture dans la Grotte du Pech Merle à partir d’une création originale in situ le 1er juillet.

Dominique Sampiero

Dominique Sampiero est né dans l’avesnois en 1954, région de bocage du Nord de la France. Instituteur pendant une vingtaine d’années, militant des pédagogies Freinet, Montessori, Rudolph Steiner et de l’approche humaniste « L’enfant est une personne » de Françoise Dolto, il démissionne de l’Éducation nationale pour se consacrer entièrement à l’écriture.
Poète, romancier, scénariste, auteur jeunesse et de théâtre (Tchat Land / Le bleu est au fond), réalisateur de vidéos et de courts métrages (La dormeuse / On est méchant avec ceux qu’on aime), Dominique Sampiero explore la création littéraire et obtient une première consécration de son écriture poétique avec La vie Pauvre (Prix Max Pol Fouchet. Éditions La différence, 1992) et de son écriture romanesque avec Le rebutant (Prix du roman populiste Éditions Gallimard, 2003). Il reçoit le prix Robert Ganzo (Étonnants voyageurs) pour La vie est chaude et l’ensemble de son œuvre en 2014.
Son expression parcourt différentes formes d’écriture en restant fidèle aux personnages et aux thèmes de son univers poétique : les vies lumineuses et minuscules mais aussi les sites fondateurs de la région du Nord et de la France en général : le paysage comme utopie.
En 1998 et en 2004, il écrit deux scénarios sur des sujets sensibles, l’école et l’adoption : Ça commence aujourd’hui (Prix international de la critique à Berlin) et Holy Lola, réalisés par Bertrand Tavernier. Le scénario de Fils unique a été réalisé par Miel Van Hoogembent en 2013 et a reçu le prix du jeune regard au festival d’Arras.
En 2016, les éditions La Rumeur Libre ont publié le premier tome de son œuvre intégrale (deux autres volumes à venir). Les éditions Gallimard ont publié un récit écrit lors d’une résidence avec des enfants en difficulté scolaire : La petite fille qui a perdu sa langue.



Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.