Le Temps Volé

Le Temps Volé édit des textes courts au sein de ses deux collections :
- Pour un jour sans pain
- Les paroles gelées
Les textes sont accompagnés d’oeuvres d’artistes contemporains.
Pour chaque ouvrage une édition de tête est disponible ainsi qu’un tirage courant.
Le Temps Volé part d’une constation : rien n’est moins arrêté que l’idée de poésie. Le mot lui-même ne cesse de changer de sens ; chaque poète a le pouvoir de le modifier. Aussi publions-nous, à côté de poètes connus, des poètes inconnus, méconnus : seul compte leur authenticité.

Contact

Isabelle Cavalleri
31 rue Jean Jaurès

60250

Angy

Pour une éternité langoureuse

1er novembre 2005

Pour une éternité langoureuse

Dessins d’Isabelle Cavalleri.
"Chant
dans les muscles du chant
tu écoutes
inlassablement
cette grande réserve de bouches
en lisière de tout
ce souffle premier
intarissable
comme il retentit dans le corps
par tout le corps
comme il s’exacerbe
comme il traverse le temps
autrement"

Sarah d'Alain-Christophe Restrat

1er octobre 2005

Sarah d’Alain-Christophe Restrat

Peintures de Jorg Langhans.
"Le Train
Sarah pleure en lisant, elle aime l’amour, elle pense à la verge des hommes, elle s’ennuie.
Un prêtre est assis en face d’elle, ils sont seuls dans le compartiment, elle l’insulte à voix basse, il reste muet et immobile, elle se lève et l’embrasse fougueusement sur la bouche, il se débat et la repousse, elle s’acharne sur lui et parvient à saisir son sexe qui est (…)

Vénus n'en finit pas de naître de Jean-Pierre Chevais

1er janvier 2005

Vénus n’en finit pas de naître de Jean-Pierre Chevais

Illustration de Didier Hamey
"Ariane
Je t’ai cousu un drap pui
deux puis trois ou quatre
ourlés de liseron de mer - le fil
a rompu et je tourne
tourne autour du lit sans trouver
tête ou pied - loin
au coeur de toi quelque chose
se brise - tu prends les positions
d’Ariane abandonnée
ou de l’ensommeillée."

Le sexe de la mort de Benoit Lecoq

1er janvier 2005

Le sexe de la mort de Benoit Lecoq

Dessins d’Isabelle Cavalleri.
"Maigre rançon
ce qui a fui s’asbtient
de témoigner
le sable dur de la révolte
concrétise
une peur dissolue (…)"

L'intemporel de René Pons

1er janvier 2005

L’intemporel de René Pons

Gouaches de Jörg Langhans.
"trésor
chatoyant
des idiomes
je suis
d’ici
et
aussi
de là-bas
d’un ailleurs
enfoui
nourriture
de vestiges (…)"

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.