Le Temps égaré, de Marie Martin-Tourenne

éditions Epigramma/Indigo & Côté-femmes

Dans sa poésie, Marie Martin-Tourenne ne se sert pas des mots, c’est elle qui les sert pour ce qu’ils véhiculent au fond d’eux mêmes : l’âme brillante de leur sens primitif. Ses mots disent bien ce qu’ils veulent dire, ce qu’ils ont la volonté de dire. Ils nous disent la blessure d’un être, exilé dans un monde imparfait, mais qui a su garder l’étonnement et la fraîcheur du premier regard. (Laurent Terzieff)

Paru le 1er décembre 2002

Éditeur : Indigo et côté femmes

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

L’homme désert

Il n’y a pas d’aigle sans désirs.
Il n’y a pas d’aveugle sans regard.
Il n’y a pas de Bonheur.

Mais il n’y jamais ce chant tournoyant et délivrant, cette Parole de toujours, cette terrasse de splendeur portée entre les bras du jour, il n’y a pas ce chant et cette bouche qui chante, et ce corps qui chante cette bouche, et ce désir qui chante ce corps qui l’emporte à sourire, s’il n’y a pas Celle même qui attend encore, au milieu des palmes et des pluies, d’être déliée de son ombre.

André Delons, L’homme désert, Éditions Rougerie, 1986.