Le bonheur ne dort que d’un œil de Lise Mathieu

Le bonheur ne dort que d'un œil de Lise Mathieu

Le bonheur ne dort que d’un oeil est un long poème de la contemplation, du recueillement et de la méditation, où, d’une manière générale, la nature tout entière est convoquée pour constituer l’âme du recueil : l’eau, la pluie, les saisons, les odeurs de terre et d’eau, le parfum des feuilles mortes, les cycles du jour et de la nuit. Le traitement auquel les éléments sont soumis témoigne du respect que leur voue Lise Mathieu, qui a l’art de les présenter incarnés, vivants, dotés de sens, qui voient, qui sentent. Il s’agit aussi d’un poème de la persévérance, de la patience, de la vigilance et de l’espérance, où la mélancolie veille toujours sur la joie de l’écriture en y injectant son inquiétude, ses remords, sa densité de panique, ses prévisions de catastrophe personnelle ou universelle. Ce n’est pas sans frémissement ni un certain éblouissement qu’on pénètre dans cet univers.

Prix de poésie Max-Pol Fouchet

Paru le 1er avril 2007

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.