Le cantique des cantiques, traduit par Ernest Renan

Le cantique des cantiques, traduit par Ernest Renan

De ce texte magnifique -"le plus beau chant du monde"-, un docteur mystique du IIe siècle de notre ère écrivait : "L’univers entier ne vaut pas le jour où le Cantique des cantiques a été donné à Israël. Tous les écrits de la Bible sont sacrés ; mais celui-ci est sacré entre tous." De ce fait, voilà plus de vingt siècles que des millions de lecteurs ont été troublés par ces pages célébrant, sans pudibonderie, l’amour et le corps de l’aimée. Des pages incandescentes qui furent rattachées à l’Ancien testament, sans doute vers la fin du Ier siècle.
Chant des chants, Poème des poèmes, Cantique des cantiques, on le lira ici dans l’une des plus belles traductions qui en furent jamais faites : celle d’Ernest Renan qui, au milieu du XIXe siècle, tenait la chaire d’hébreu au Collège de France. Erudit passionné mais aussi grand écrivain, Renan entendait dépouiller ce texte du "voile mystique" dont la conscience religieuse l’avait entouré et révéler, dans sa saisissante nudité, ce "cantique" amoureux que "la piété du Moyen Age avait habillé en madone". Sa traduction est accompagnée d’un lumineux commentaire sur les origines et la signification de ces pages qui chantent la passion d’aimer et la splendeur du monde.

Paru le 1er février 1990

Éditeur : Arléa

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Marie de France

Lais

Tous deux comme est le chèvrefeuille
qui grimpe autour du coudrier ;
sitôt qu’ils se tiennent enlacés
il n’est plus de tronc ni de feuilles,
et peuvent alors vivre à jamais.
Mais si l’on veut les séparer,
du coudrier c’en est fini,
soudain du chèvrefeuille aussi.
« Belle amie, ainsi va de nous :
ni vous sans moi, ni moi sans vous ! »

Marie de France, Lais, "Le Lai du Chèvrefeuille", Traduction inédite du Printemps des Poètes.