Le coeur qui bat

Gabriel Mwènè Okoundji

Le coeur qui bat ne se réjouit pas de la blessure du ver de terre
le coeur qui bat soutient le combat de l’homme face aux chimères
le coeur qui bat révèle le murmure du sentier quand vient le doute

Tout homme a deux mains : la main qui nourrit et la main qui reçoit
la main qui nourrit est offrande : ne mords pas la main qui nourrit !
Dans la main qui reçoit advient le monde : promesse que tient la vie !
ne mords pas la main qui nourrit, n’offense pas la main qui reçoit

Frère, le sang du coeur qui bat connaît les faveurs de la terre et du ciel
entre la terre et le ciel vivent Dieu, les dieux, les Ancêtres, le secret
Frère, l’ignores-tu ? Le Dieu de l’homme, c’est d’abord sa pensée !
Aux dimensions du monde, l’Ancêtre de l’homme, c’est son âme !
entre âme et pensée, la parole est énigme, le silence est épreuve

Frère, que ton coeur qui bat te maintienne homme parmi les hommes.

Gabriel Mwènè Okoundji

Poème
de l’instant

« Fabulation »

« Cela » : un silence à fleur de murmure, une rumeur saturée de silence, un magma de silence irrigué par un souffle ténu, sifflant, vivace.

Sylvie Germain, « Fabulation », Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.