Le coin de table n°44

Le coin de table n°44

Jacques Charpentreau : Poésie féminine ? Poésie masculine ?

Mathilde Martineau : Louise de Vilmorin, la belle jardinière.

Chaunes : Le chercheur a-t-il le droit d’être poète ?

Chroniques :

Deux poètes romantiques : Vigny et Musset

Bernard Perroy : Jean Houlier, la magie d’un horloger

Jean-Pierre Rousseau : Un poète eschatologique, Dominique Daguet

Noël Prévost : Arthur Cravan, la poésie marque des poings

La chronique d’Emma Tulu : Flash sur le flot du flux

Paru le 1er novembre 2010

Éditeur : Maison de la Poésie de la rue Ballu

Genre de la parution : Revue

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.