Le dernier poète expressionniste (écrits sur Pasolini)

Le dernier poète expressionniste (écrits sur Pasolini)

d’Hervé Joubert-Laurencin

Le dernier poète expressionniste, c’est lui : c’est Pasolini.
« Dernier » comme on appelle dernier des hommes un personnage de Murnau.
« Dernier poète » parce qu’on cherche encore qui pourrait aujourd’hui représenter et assumer la vieille figure du Poète.
« Expressionniste » parce que la vraie découverte est l’originalité de son œuvre, propre à changer la vie, non à l’accompagner ou à la réformer.
« Dernier poète expressionniste » comme on peut le lire à travers l’écriture nerveuse et contractée du scénario inédit traduit à la fin du présent recueil.

Après la traduction de Contre la télévision, Théâtre 1938-1965 et Le dada du sonnet, Hervé Joubert-Laurencin propose aujourd’hui, dans une quinzaine d’articles, sa lecture de l’œuvre écrite, filmique et picturale de Pasolini.

Paru le 1er décembre 2005

Éditeur : Les solitaires intempestifs

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.