Le désespoir est trop facile

de Monzer Masri

Le désespoir est trop facile

traduit de l’arabe par Maram al-Masri

Le poète et peintre Monzer Masri a fait le choix de rester en Syrie et de continuer à vivre parmi les siens, parmi les gens de Lattaquié, ce port méditerranéen qui est sa ville. Ce choix n’est pas simple mais il ne s’imagine pas vivre ailleurs et, dit-il, « Je crois que la poésie qui mérite ce nom est la poésie qui aide les gens dans leur recherche diligente et dure, depuis le moment de leur naissance jusqu’au moment de leur mort, leur quête du bonheur. » Monzer est un poète reconnu en Syrie et dans le monde arabe. Il a par la nouveauté de ses poèmes et par le soutien qu’il leur a apporté exercé une forte influence sur beaucoup de poètes de sa génération ou plus jeunes.

Paru le 5 mars 2020

Éditeur : Le Temps des cerises

Genres de la parution : Recueil Version bilingue

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.